Histoire
Antony possède une longue histoire débutant au III siècle sous l’ère gallo-romaine. elle s’appelait alors Antoniacum cum ipsa capella. L’histoire de la commune se confond avec celle du domaine royal constitué depuis le X siècle par les rois Capétiens donnant naissance à la région d’ÃŽle-de-France. Voici ci-dessous les périodes et les faits historiques les plus marquants de la commune d’Antony.
Héraldique
Les armes d’Antony, adoptées le 20 juin 1919, ont été depuis simplifiées. La dernière version date de 1987.
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Elles peuvent se blasonner ainsi aujourd’hui : écartelé : au 1 et au 4 d’azur à trois fleurs de lys d’or avec, en abîme, un écu de sable à trois besants d’argent, qui est de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés ; au 2 et 3 de gueules à une colonne d’argent, au chef cousu d’azur chargé d’un lion passant d’or. |
Le pont qui se trouvait sur la rivière a disparu récemment du blason, mais la devise est restée : « parvus ubi pagus fuit Urbem jam alluit unda », c’est-à -dire : « là où il n’y avait qu’un petit village, la rivière arrose maintenant une ville ».
Préhistoire et époque gallo-romaine
Carte de 1578 représentant les différents territoires Gaulois.
Aux temps préhistoriques, les hommes se sont installés sur les rebords de plateau dominant la vallée. Des restes sont encore visibles dans le bois de Verrières. Le choix du site a été dès l’origine, conditionné par l’eau et les voies de circulation. Le village qui donnera naissance à Antony s’est installé dans un lieu propice à l’installation des hommes : un site de coteau aux nombreux avantages. Site facile à protéger car en hauteur, le village s’est installé sur des sols plus riches que ceux du plateau, dans une zone non inondable au-dessus des marais, au niveau des sources qui affleurent sur les marnes vertes. Les nombreuses fontaines de la rue de l’Église et de l’avenue du Bois-de-Verrières, ainsi que les noms de lieux (sources, gouttières, …) attestent l’existence de cette nappe phréatique.
En 1852, lorsque l’on a déplacé le cimetière qui se trouvait devant l’église, on a découvert des sarcophages dont l’origine a été supposée franque ou . Ce qui permet de supposer la persistance constante d’un habitat autour de la villa gallo-romaine.
Antony du X siècle au XV siècle
Puits du moyen-âge en centre-ville, reconstruit en 1707 et transformé en fontaine en 1835
Du IX siècle au XV siècle, Antony est l’une des principales dépendances de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. L’emplacement d’Antony, son gué le « Pont-aux-Ânes » pour la voie romaine et médiévale, son site de coteau ont également fait d’Antony un lieu de passage depuis Monthléry, place forte qui surveillait l’accès sud de Paris. Antony disposait également d’une petite place forte, la « Tour d’argent » qui, implantée dans la partie haute du village, avait une position de gué et éventuellement une fonction défensive. En 1042, le roi de France Henri Ier, accorde à l’abbé de Saint-Germain des Près « un autel dédié en l’honneur de saint Saturnin et situé dans le territoire de Paris, en la juridiction appelée Paris ».
La roue du moulin qui a assuré pendant 10 siècles aux antoniens la production de la farine
En 1177, reconnaissant l’importance du village, la chapelle d’Antony devient église paroissiale. Les habitants sont alors tous serfs de l’abbaye. Les habitants des villes commencent ensuite à obtenir des chartes de commune et ceux des campagnes vont amorcer le grand mouvement d’émancipation qui va aboutir à l’affranchissement des serfs. La date décisive est 1248 : Thomas de Mauléon, abbé de Saint-Germain des Près, affranchit ses serfs d’Antony et de Verrières. Cependant de nombreuses charges pèsent encore sur ces paysans : ils doivent payer une rente annuelle, la dîme sur les moulins, fours et pressoirs, et aussi fournir des corvées, tel le curage de la Bièvre tous les trois ans. Durant les XIV siècle et XV siècle, Antony vit les troubles de la guerre de cent ans, puis la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons : pestes failles et ravages. À la fin de cette longue période, l’abbaye est écrasée de dettes et la région s’est vidée de ses habitants.
Le désenclavement (XVI siècle - XVIII siècle)
Le pigeonnier du château d’Antony (1648)
La route de Paris à Orléans est pavée sous François 1, elle franchi la Bièvre au « Pont d’Antony » d’ou un chemin conduit au centre du village proche de l’église Saint-Saturnin. Le développement de cet axe routier amène le développement de la ville. 1702 voit la fondation de la fabrique de cires. À la fin du XVIII siècle et début du XVIII siècle, Antony devient une ville de villégiature proche de Paris : La Fontaine et Charles Perrault y prennent leurs quartiers d’été. C’est également la période durant laquelle de nombreuses maisons de maître sont construites par des notables parisiens venus chercher à Antony la campagne aux portes de Paris. La plupart de maisons de maître subsistaient encore au milieu du XX siècle : l’ancien château , la propriété de l’acteur François Molé, la folie de la famille de Castries au sein du parc Heller aujourd’hui démolie mais dont il reste une dépendance, la maison de la Belle Levantine (aujourd’hui Maison Saint-Jean), la propriété des Dames de Saint-Raphaël, la propriété de Ballainvilliers achetée en 1860 par le chirurgien Alfred Velpeau.
Le développement au XIX siècle
Les moissons à Antony en 1908
Antony reste essentiellement agricole jusqu’au début du XX siècle. Le Petit Journal écrivait en 1922 : « La jolie commune d’Antony est une de celles, dans la banlieue de Paris, où l’agriculture est restée la plus florissante ». La ville est connue pour son relais de poste aux chevaux qui accueille les voyageurs au carrefour dénommé « Croix de Berny ». La construction du chemin de fer transforme profondément l’activité de la ville lorsque la ligne de Sceaux est ouverte en 1854, ainsi que l’Arpajonnais en 1893. La construction de maisons de maître se poursuit : la propriété du marquis de Castries est démolie et remplacée au second empire par le château Sarran, le parc Bourdeau et sa demeure devenue aujourd’hui Maison des Arts. Antony devient le siège de nombreuses congrégations religieuses qui vont marquer la ville. Antony qui depuis 1720 connaissait les SÅ“urs de la Croix Saint-André, religieuses qui tenaient l’école de filles, qui deviendra en 1928 l’Institut de la Croix, puis La Croix avant d’être intégrée à l’Institution Sainte-Marie d’Antony voit arriver plusieurs congrégations religieuses. Les Marianistes achètent la propriété Chénier, et y installent leur séminaire français. Revenus après l’expulsion de 1903, dans leur bâtiment devenu Maison Saint-Jean, aujourd’hui maison de retraite des marianistes, il ont créé en 1968 l’Institution Sainte-Marie d’Antony.
La propriété Chénier, transformée en pension de famille après l’expulsion des marianistes en 1905
Les Rédemptoristes (Congrégation du Très Saint Rédempteur) achètent le 5 août 1889 la propriété du chirurgien Velpeau pour y construire leur noviciat. À la suite de la Séparation des Églises et de l’État en 1905, ils devront quitter Antony dont ils sont expulsés le 13 juin 1908. Ils avaient entre temps construit de très importants bâtiments qui, repris par le département de la Seine, deviendront la pouponnière Paul Manchon. Les SÅ“urs de Saint-Joseph de Cluny achètent en 1890 les bâtiments de l’ancienne manufacture royale des cires. Elles y installent une maison de repos pour les sÅ“urs qui reviennent des colonies. Toujours présentes à Antony, le bâtiment principal est aujourd’hui une maison de retraite des sÅ“urs de cette congrégation. Les Dames de Saint-Raphaël s’installent en 1893. Cette oeuvre qui accueille des mamans célibataires pour les aider à assurer leur maternité et gère une école, a été fondée par l’abbé Amédée Ferrand de Missol (1805 - 1883), médecin devenu prêtre, ami et compagnon de Frédéric Ozanam. Ces religieuses quitteront Antony en 1972, après avoir créé une Å“uvre identique en Colombie. L’école sera alors fermée et l’association sera reprise par des laïcs.
L’essor au XX siècle
Le premier développement très important d’Antony est réalisé sous la conduite de son sénateur-maire Auguste Mounié, la ville passe de 4 000 à 20 000 habitants. Élu maire en 1912, il s’attaque immédiatement au problème du logement. Surnommé dans les journaux « Le Père des mal-lotis », il constitue plus de quarante associations de mal-lotis pour procéder à l’assainissement des logements. Il fait construire des écoles, de nombreuses voies, installe l’éclairage public.
Antony est la première ville du département de la Seine libérée par les troupes de la 2e division blindée du général Leclerc le 24 août 1944.
La nouvelle bibliothèque (1990)
Le second développement est la conséquence de la construction très rapide, et mal contrôlée, de logements au début des années 1960 pour loger les rapatriés d’Algérie. L’urbanisation sauvage amène la construction de petits immeubles de mauvaise qualité, de barres d’immeubles telles « Le grand L » célèbre pour ses couloirs intérieurs de 174 mètres de long sur une hauteur de 11 étages, barre qui sera détruite en février 2001. En vingt ans, de 1955 à 1975, la population va passer de 24 512 à 57 795 habitants. Il faut construire très vite, et cela au détriment de la sauvegarde du patrimoine. En vingt ans, la mairie construit onze écoles maternelles et primaires, trois collèges, un lycée, un grand stade, cinq gymnases scolaires et un centre sportif, un parc des sports, deux centres de loisirs, une piscine, l’hôtel de ville et des milliers de logements sociaux. Le nouvel Hôtel de ville, Å“uvre moderne due à l’architecte Georges Felus, est inauguré le 19 juin 1970.
Les années 90 voient la reconstruction de la bibliothèque en 1990 puis en 1996 de celles de la Caserne de pompiers et du Conservatoire de musique. Enfin, les années 2000 voient la fin des travaux d’aménagement entrepris depuis près de quarante ans dans le quartier de la Croix-de-Berny. Ce quartier, carrefour stratégique de communication (A86, A6, A10, proximité de l’aéroport d’Orly, RERB) dans un site prestigieux près du parc de Sceaux a été réaménagé pour attirer les entreprises et donc les emplois. On prévoit au total la création de 7 000 emplois dans ce quartier.