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La population


Au cours des siècles, la population hellemmoise a dû faire face à toutes les catastrophes, sa proximité de Lille n’arrangeant pas les choses.
L’hiver 763-764 fut rigoureux au point que la mer fut gelée sur nos côtes. À l’intérieur de la Gaule, des froids extraordinaires furent signalés : en certaines contrées, au dire des historiens, il serait tombé jusque dix mètres de neige.
En 821-822, tous les fleuves d’Europe, en particulier la Seine, l’Elbe et le Danube furent pris par les glaces pendant plus d’un mois. Les grandes rivières de la Gaule et de la Germanie furent tellement glacées que, pendant l’espace de trente jours et davantage, on y passait par-dessus à cheval et avec des charrettes.
En 1073-1074, fortes gelées depuis début novembre jusqu’au 15 avril, accompagnées d’un vent fort et desséchant. « Les moulins ne pouvant fonctionner par suite de la prise des fleuves et rivières, l’armée d’Henry IV, empereur d’Allemagne, souffrit cruellement du manque de farine et, par suite, de pain. »
En 1114-1115, hiver terrible en Bretagne, de même qu’en Angleterre. « La mer gela dans la Manche à quelque distance des côtes, et les pierres les plus grosses se fendirent avec éclat. »
En 1124-1125, froids extraordinaires avec chutes de neige abondantes en France, Allemagne et Italie. « Dans les rivières, la glace était si épaisse et si solide qu’elle supportait les voitures chargées ; les chevaux circulaient sur le Rhin comme sur la terre ferme. Ces intempéries se prolongèrent tellement que les arbres ne prirent leurs feuilles qu’en mai. »
Les années 1315-1316 sont marquées par une grande famine dans le nord de la France actuelle et en Belgique. « En 1315, les pluies sont très fortes causant l’échec complet de la récolte. Dès mai 1316, la situation devient inextricable : le prix des grains s’est multiplié en raison de leur rareté. Dans les villes, au moins, de nombreuses personnes sont mortes de faim. On était obligé, lit-on dan l’Histoire d’Angleterre de Rapin de Thoyras, de cacher les enfants avec un soin extrême, si on ne voulait les exposer à être dérobés pour servir d’aliments aux larrons. »
Même si cette crise est souvent considérée comme crise de subsistance, il faut ajouter qu’y fit suite une épidémie, de nature incertaine, augmenta le nombre de victimes quelle que soit la classe sociale. Les malades étaient atteints de fièvre, ce qui fit nommer cette maladie « l’incommodité ardente ».
Ces maladies sans doute diverses, dues à la faible résistance de la population en temps de disette reviennent périodiquement : en 1558, 1564, 1567, 1582, 1596, 1597, 1617, 1636… La peste avait déjà touché nos contrées en 1360, 1367, 1400, 1438…
Les grands froids continuèrent à ponctuer la vie de nos aînés en 1324-1325, 1363-1364, 1407-1408, 1419-1420, 1434-1435, 1442-1443, 1480-1481, 1507-1508, 1534-1535, 1543-1544, 1552-1553, 1564-1565, 1568-1569, 1570-1571, 1594-1595, 1607-1608, 1615-1616, 1620-1621, 1640-1641, 1657-1658, 1659-1660, 1676-1677, 1683-1684, 1708-1709, 1715-1716, 1728-1729, 1739-1740, 1775-1776, 1783-1784, 1788-1789, 1794-1795.
Statuts touchant la peste (Ordonnance des seigneuries, 21 mars 1549) :


« […] 96. Que quand il y aura quelcun de mort soubz leur seigneurie de la maladie contagieuse, que ceulx quy demeureront en la maison mettent ou fachent mettre auprès de l’huys ou couverture de ladie maison, une botte d’estrain, de la longueur de deux pieds, et aussi que ceulx et celles demeurans en ladite maison portent chacun une blancque verge en leur main, à péril d’estre bannys de leur seigneurie, ou aultrement pugnis à la discrétion de leur justice. 97. Ordonnent aussi mesdits seigneurs, pour certaines causes et considérations à ce les [mouvants], que nul ne nulle depuis maintenat et avant ne face neupces où il y ait plus de douze paires de gens, à péril de payer LX sols d’amende, et d’estre pugnys à discrétion, de mesdits seigneurs et de leur justice. 98. […] Que ceux et celles quy ont pourceaux, oisons ou anettes, les tiennent enclos en leur maison sans les laisser widdier et endedans huyts jours passés et en face quitte, sur l’amende de chacun desdits cas de XXX sols. Deux articles qui nous montrent la rigueur réglementant la vie de chacun en vue de combattre le fléau. »


Dans de nombreuses villes (Ypres, Louvain, Tournai, Bruges…), l’administration communale dut faire ramasser les corps des défunts dans les rues.
Dès le printemps 1317, la situation commence à s’améliorer.
Durant les années 1431-1432, règne la disette. De décembre 1434 à mars 1435, les gelées sont extrêmement fortes. En 1436, le gel est si fort de la Saint-Jean (30 novembre) au Mardi Gras suivant que le duc déclare : « Cette année (1437) a été moulte destruite et dangereuse au grief du povre peuple qui eut tant à souffrir et supporter que plus ne peut. » L’hiver 1437-1438 est aussi d’une extrême rigueur.
Heureusement, en 1439, les vaisseaux hanséatiques arrivent à livrer des céréales.
Lors de l’enquête fiscale de 1449, les représentant de la paroisse déclarent que personne n’est inscrit à la table des pauvres (genre de Bureau de Bienfaisance) :

tous les manants payent la taille ;
qu’ils ne savent pas si l’imposition est semblable dans les autres paroisses : ce qui revient à dire qu’elle est ici moins forte.
qu’ils ne se plaignent pas du montant des impôts.
La déduction qui s’impose, et ce en dépit de l’état de guerre, est que les habitants vivent relativement bien par rapport à d’autres régions.
En 1471, c’est la peste qui ravage Lille.
Le 21 mai 1546, note Mahieu Manteau : « En la ville de Lille, le bled qui voulait six luivres la razière, fut vendu 8 livres, et le mercredi suivant fut vendu 5 livres la razière le mesme bled… »
En 1557, la famine est telle qu’à Lille le prix du blé monte à 12 livres la razière.
L’hiver 1708-1709 fut si exceptionnellement froid que « l’Escaut et la Lys se glacèrent presque jusqu’au fond ». Dans la région de Valenciennes, la gelée qui commença le 5 janvier 1709 permit de marcher vingt jours de suite sur l’Escaut. L’hiver détruisit le blé ainsi que toutes les autres céréales. Bien que les décimateurs n’accordèrent pas aux paysans de labourer leurs terres pour les ensemencer en orge de printemps, un décret du Conseil d’État, au nom du Salut public, permit de procéder en de nouveaux ensemencements. Fénelon, dans ses mémoires, put écrire « Les peuples craignent autant les troupes qui doivent les défendre que celles des ennemis qui veulent les attaquer. […] La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provisions. »
En 1789, le taux d’urbanisation, dans la généralité de Lille, est de 33 %.
Dès la fin de l’Ancien Régime, la jachère n’occupait plus qu’environ 6 % des superficies agricoles du département du Nord. Le rendement moyen en froment dans les environs de Lille était presque deux fois supérieur au rendement national. Ainsi, en 1804, le département du Nord subvenait à ses besoins en céréales et parvenait même à poursuivre ses exportations. Toute l’année, des bovins étaient élevés à l’étable, nourris avec de plantes fourragères.
Quant à la nourriture quotidienne des habitants, citons le préfet Dieudonné : « Les repas de la journée consistent, le matin en une soupe au lait de beurre, à dîner, d’une soupe au lait de beurre ou à de la viande, à goûter, de tartines, le soir, du pain, du beurre, du pain, du fromage. »

La propriété immobilière avant et après la Révolution (en %)

Paysans Bourgeois Clergé Noblesse Divers (1)
1789 31 17 20 22 1
1804 42,1 28,5 4 12,8 12,6


(1) Divers = État - Commune - Hôpitaux
Au printemps 1789 sévit une importante crise de cherté de vie. La récolte de 1788 a été compromise en raison d’une sécheresse suivie d’orages et de pluies dévastatrices pour les blés et les fourrages. L’hiver est rigoureux, les blés gelés sont remplacés par les orges de mars, mais la soudure ne se fait pas.
La récolte de 1811 est mauvaise.
Au second traité de Paris (20 novembre 1815), les besoins du Trésor pour payer une lourde indemnité de guerre incitent le roi à reconstituer des barrières douanières en établissant des bureaux sédentaires et des brigades à cheval sur Hellemmes, Lesquin et Seclin. Dans la première moitié du XX siècle, les maladies épidémiques sont les moins meurtrières, à l’exception de la grippe espagnole en 1919, et en dehors de la fièvre typhoïde et des maladies infantiles.
De 1925 à 1936, ces maladies représentent 3,6 décès pour 10 000 habitants, avec une recrudescence de rougeole entre 1930 et 1933.

Année Population Maisons Année Population Maisons
1800 546 1920 13 920 3 025
1851 1 095 168 1921 13 330
1870 1 863 1926 15 925 3 691
1871 2 368 1931 18 096 4 639
1879 2 812 523 1936 18 512
1881 3 880 722 1946 14 140 3 688
1886 4 855 961 1949 16 850
1891 5 374 1 098 1954 18 136
1896 6 967 1 445 1962 19 174
1901 9 329 1 936 1966 20 020
1906 10 971 1968 18 670
1911 12 232 2 774 1975 17 646
1914 13 340 1982 16 400
1916 8 500 1990 18 122
1919 12 000 1999 18 371


Le chiffre atteint en 1966, après un recensement complémentaire, aurait comptabilisé les naissances, les décès, les nouveaux habitants mais pas tous les départs, ce, afin de pouvoir nommer un secrétaire général adjoint (Pour cette possibilité de nomination, il fallait que la commune ait 20 000 habitants).

Instantané des commerces vers 1950

Petits commerçants Alimentation 135
Cafés 240
Vêtements, textiles 18
Gros et demi-gros Alimentation 3
Graineterie 1
© Copyright auteur(s) de Wikipédia - Source : article Histoire d’Hellemmes sur Wikipédia - Cet article est sous licence GFDL

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