Les maires
Suite au décret du 31 décembre 1789, les premières élections municipales ont lieu le 11 février 1790.
Président
Hubert François Martin, curé d’Hellemmes
Scrutateurs
Jacques Bury,
André Leleu.
Composition du premier conseil municipal
Maire
Michel Archange Desfontaines
Municipaux (adjoints)
Jean Baptiste Delobel,
Louis Joseph Monnet,
Charles Hallez.
Notables (conseillers)
Louis Joseph Delemasures,
Simon Castel,
François Tesse,
Théodore de Lattre,
Romain Despinoy,
Denis Beghin.
Procureur
François Brocart.
Les noms des lieutenant et échevins d’Hellemmes nous sont pratiquement inconnus. Cependant, à travers divers actes, des noms apparaissent :
André François Leclerc, fils de Pierre et de Barbe Deflandre, né à Hellemmes le 18 mars 1709, mort à Hellemmes le 19 juin 1792, époux de Marie Marguerite Marsaux, cité comme journalier puis sergent d’Hellemmes.
Louis Joseph Samain, né à Hellemmes le 22 septembre 1735, marié à Fives le 25 janvier 1763 avec Marie Anne Cordonnier, cité lieutenant et bailli d’Hellemmes.
André François Leclerc, fils des précédents, né à Hellemmes le 12 décembre 1742, marié à Fives le 2 juin 1767 avec Séraphine Gallois, cité comme sergent des Dames de l’Abiette.
Simon Joseph Samain, né à Hellemmes le 29 décembre 1715, mort à Hellemmes le 19 août 1779, marié à Hellemmes le 30 août 1756 avec Marie Jeanne Destombes, clerc d’Hellemmes pendant quarante-sept ans et lieutenant d’Hellemmes pendant neuf ans.
Jacques François Lescroart, né à Esquermes vers 1742, mort à Hellemmes le 23 janvier 1789, marié à Hellemmes le 12 mai 1772 avec Marie Barbe Tesse, sergent garde de la paroisse d’Hellemmes.
Josse Joseph Delobel, cité échevin vers 1740.
Jacques Desfontaines, aurait été échevin vers 1770.
Michel Archange Desfontaines, échevin à la veille de la Révolution.
La classe dirigeante, dès lors constituée de fermiers agissant en leur propre nom, non pas systématiquement issus d’anciennes familles hellemmoises, continue à tenir les rênes de la Commune pour près d’un siècle. Citons :
Michel Archange Desfontaines : le patronyme existe déjà connu à Hellemmes en 1449.
Jacques Bury, charretier et laboureur, né à Tournai vers 1716, se marie à Hellemmes le 10 janvier 1758 avec Catherine Thérèse Dupire, veuve de Ignace Lerouge, fille de Jean Martin et de Marie Thérèse Flambremont. Il ne laisse aucune descendance masculine.
Louis Joseph Monnet est fils de Jean Charles, censier à Fretin et de Marie Anne Joseph Lefebvre, de Ronchin. Il meurt, apparemment célibataire, le 10 mars 1816 à Hellemmes. C’est un neveu du Pierre Joseph qui a participé au rachat de l’église Saint-Denis.
Charles Joseph Hallez, maître charpentier, né à Wambrechies, meurt à Hellemmes le 16 avril 1818, fils de Charles Joseph et de Angélique Meurisse, se marie le 21 juin 1785 à Hellemmes avec Catherine Thérèse Dupire, fille de Pierre Joseph et de Catherine Mélanie Dubus. C’est peut être un descendant de Jacques, marié avec Catherine Delemasure, vivant à Hellemmes en 1682.
La famille Tesse est connue à Hellemmes depuis 1643 avec Jérôme, fils de François et de Simone Montaigne. Le François (Joseph), conseiller en est un descendant. Il se marie le 29 juillet 1783 avec Marie Rose Nathalie Brocart, fille de Adrien et de Marie Rose Delemar, mariage pour lequel est accordée une dispense de consanguinité des troisième au quatrième degrés.
Théodore Delattre, meunier et cultivateur, né à Lomprêt, mort à Hellemmes le 30 ventose XII, est marié avec Augustine Marguerite Joseph Willoquez, de Lesquin. Un descendant de ce couple, Alfred, percera la rue du même nom.
Romain Despinoy est un descendant de Jacques et de Jossine Rego dont le fils aîné se marie à Hellemmes en novembre 1706. Romain Joseph, né à Hellemmes le 30 août 1759, y décédé le 23 avril 1792, s’est marié à Hellemmes le 8 juillet 1787 avec Marie Thérèse Martinache (de Bachy).
Après la Révolution de 1789, le conseil municipal était élu par un collège électoral censitaire. Toutes les fonctions publiques étaient ainsi soumises à élection, à l’exception du maire, nommé par le commissaire de la République.
En 1831, le conseil municipal est élu pour six ans, renouvelable par moitié tous les trois ans. En 1885, il est élu pour cinq ans. En 1884, il est élu pour quatre ans.
La loi du 10 avril 1929 fixe la durée du mandat des conseillers municipaux à six ans et au suffrage universel. Le nombre de conseillers ainsi que le mode d’élection (avec ou sans panachage) varie suivant le nombre d’habitants de la commune. Le maire et les adjoints sont élus par le conseil municipal majoritaire à trois tours. Actuellement, la loi électorale appliquée est dite à la proportionnelle.
Liste des maires
1790-1792 : Michel Archange Desfontaines, censier de l’Abiette. Son père, Jacques était échevin d’Hellemmes
1792-1797 : Jean Baptiste Corsin
1797-1800 : Jean Baptiste Lerouge
1800-1801 : Jean Baptiste Corsin, élu pour la seconde fois.
1801-1803 : Jean Baptiste Castel
1803-1805 : Desfontaines, probablement Michel Archange, pour la seconde fois.
1805-1837 : Isidore Ducatillon, né à Néchin (Belgique) le 7 novembre 1772, fermier domicilié à Hellemmes depuis 1804. Afin de conserver son poste de maire, il doit promettre de demeurer définitivement à Hellemmes et de demander la nationalité française. Sous la monarchie de 1815, la charte qui régit désormais la vie politique introduit le suffrage censitaire, favorisant ainsi propriétaires fonciers et aristocratie urbaine et rurale. Une loi électorale de 1820 accentue encore le poids politique des électeurs les plus fortunés : conseillers municipaux nommés par le préfet sur proposition du maire, maires choisis par l’autorité supérieure et tenus de prêter serment de fidélité au Roi lors de leur investiture (loi du 31 août 1830 : « Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume »). Sous la monarchie de Juillet, le cens est fortement réduit. Des lois de 1831 et 1833 prévoient maintenant l’élection des conseillers municipaux, généraux et d’arrondissement. Le conseil municipal se modifie : les professions artisanales, commerciales et surtout ouvrières prennent de plus en plus d’importance. Isidore Ducatillon est suspendu par arrêté préfectoral du 2 août 1837 pour avoir refusé de prêter le serment de fidélité.
1837-1843 : Henri Wery
1843 : Jean Baptiste Samain
1843-1847 : Henri Salembier, démissionne de son poste
1847-1865 : Émile O’Delant, nommé maire provisoire par arrêté préfectoral du 3 avril 1848 en remplacement d’Henri Salembier, démissionnaire.
1865-1870 : Jean Baptiste Monnet
1870-1876 : Jean Baptiste Ghesquière
1876-1881 : Nicodème Vrasse, démissionne le 9 septembre 1881 en raison de son départ pour Cambrai.
1881 : Toussaint Decalonne, maire par intérim par arrêté préfectoral du 6 octobre 1881.
1881 : Alfred Lecocq, refuse immédiatement le poste (20 décembre 1881)
1881-1888 : Nestor Castel
1888-1889 : Auguste Bernard, famille de raffineurs de sucre colonial et de sucre de betterave. Elle dirigeait une usine à Santes et une autre à Lille. Meurt en cours de mandat.
1889-1896 : Gustave Engrand. Le conseil municipal comprend alors un cabaretier (le maire), quatre employés, six ouvriers, un directeur, un pharmacien, un instituteur (Charles Lefebvre) et un seul cultivateur. En 1896, M. Agache, conseiller municipal, s’inquiète d’un local à usage de mairie. L’actuelle, trop petite ne permet pas la confidentialité des opérations effectuées et ne dispose d’aucune pièce permettant aux membres du conseil de recevoir leurs concitoyens. Elle était située, semble-t-il à l’emplacement de l’actuelle école de musique.
1896-1904 : Marcelin Krebs, né le 2 novembre 1860 à Lille, marié avant 1890 avec Marguerite Huyghes. Profession : mouleur. Il déménage sur Lille vers 1912. Le conseil municipal comprend dix-sept ouvriers, deux cordonniers, deux cabaretiers et un jardinier ; il n’y a plus un seul cultivateur. Il sera encore conseiller de 1904 à 1908.
1904-1912 : Oscar Fanyau
1912-1925 : Joseph Hentges, né en 1875, fusillé à Marquette en 1942.
1917-1918 : A. Delesalle, premier adjoint. Remplace Joseph Hentges suspendu par l’autorité allemande.
1925-1944 : Désiré Therby, né à Lille le 5 janvier 1879, marié à Hellemmes le 24 février 1906 avec Marie Deffranes ; divorcé par jugement du tribunal civil de Lille rendu le 7 décembre 1922. Remarié à Hellemmes le 24 février 1926 avec Jeanne Besson. Un fils légitimé au premier mariage (mort jeune), sans postérité du second mariage. Mort à Hellemmes le 8 février 1950. Durant son mandat, il s’efforça de développer les constructions scolaires ainsi que les réalisations à caractère social.
1944-1945 : Gérard Clay, président de la délégation municipale.
1945-1947 : Henri Hentges
1947-1977 : Arthur Cornette, né le 15 août 1903 à Quarouble (Nord). Mort à Hellemmes en février 1984. Révoqué par le gouvernement de Vichy de ses fonctions de directeur d’école à Assevent (Nord), réintégré en 1944. Nommé directeur de l’école Jean-Jaurès à Hellemmes qu’il transforme en CEG puis en CES. Secrétaire général du Syndicat national des instituteurs en 1945, membre du conseil supérieur de l’Éducation nationale, président fondateur de la MGEN. Conseiller général du Nord en 1951 à 1969. Député du Nord en 1962 à 1968 et de 1974 à 1979. Officier de la Légion d’honneur en 1981 (chevalier en 1953), officier des Palmes académiques, chevalier du Mérite social.
Maires délégués
1977-1983 : Arthur Cornette
1983-2001 : Bernard Derosier, député du Nord, conseiller général depuis 1985. Président du conseil général de 1985 à 1992 et depuis 1998. Touché par le cumul de mandats, il abandonne ses postes d’adjoint au maire de Lille et de maire délégué d’Hellemmes.
2001 : Gilles Pargneaux, premier adjoint de B. Derosier lors du précédent mandat.
Hellemmes ne représente pas un site stratégique mais sa situation aux faubourgs de Lille fait qu’elle eut à subir les effets des conflits qui concernaient la grande ville voisine. Le grand souci des rois de France a toujours été de repousser les frontières du Nord afin d’assurer une meilleure protection de Paris. Or, les Flamands défendaient leur territoire, et surtout leurs privilèges, avec âprêté. Les guerres incessantes ont été sources de malheur pour Hellemmes : les troupes tant amies qu’ennemie se nourrissent sur les habitants quand ils ne peuvent pas acheter leur « neutralité ». Avec la dégradation de l’Empire romain devenu incapable de défendre les territoires conquis les siècles précédents, toute la région devient ouverte aux barbares. Les Bourguignons occupent tout le bassin du Rhône, les Visigoths occupent presque tout le Midi, les Francs sont maîtres de Tournai. Les Goths, les Bourguignons, les Vandales qui avaient importé le schisme de l’arianisme, abandonnent celui-ci très rapidement.
Le 2 mars 1127, le comte de Flandre Charles le Bon meurt assassiné. Guillaume Cliton est choisi pour lui succéder, moyennant de nombreux privilèges. Le comte n’ayant pas rempli ses engagements envers la population, Lille, Saint-Omer, Gand et Bruges se révoltent. Louis VI, roi de France, intervient. En mai 1128, le roi doit abandonner le siège de Lille où Philippe d’Alsace s’était retranché. Guillaume Cliton est tué en juillet devant Alost. Thierry d’Alsace lui succède. Le redressement du pouvoir royal entamé par Louis VI et Louis VII se poursuit avec Philippe Auguste qui augmente le domaine royal. En 1191, son autorité s’exerce jusqu’aux limites des actuels départements du Nord et du Pas-de-Calais. Le roi d’Angleterre ayant refusé de prêter allégeance pour ses domaines situés en France, ceux-ci sont confisqués en 1202 en application de la tradition féodale. En 1213, une coalition comprenant l’Angleterre, les États allemands, les comtés de Flandre et du Boulonnais se forment. Le roi de France, prenant Lille pour la seconde fois, en fait détruire les fortifications : ce sera le plus « bel » incendie de l’année. Durant l’hiver 1213-1214 : incendies, pillages, habitants emmenés comme serfs sont le lot de toutes les bourgades environnantes. Pendant toute une année, la guerre consiste à ravager les fiefs appartenant à l’ennemi, que ce soit par des troupes anglo-flamandes conduites par Ferrand de Portugal, ou les troupes françaises menées par le fils de Philippe Auguste. Depuis Péronne, Philippe Auguste prépare un mouvement tournant de son ost par Douai, Lille, Tournai (ville où il arrive le 26 juillet 1214). Le 27 juillet 1214, les hostilités prennent fin à la bataille de Bouvines. Les troupes de Philippe Auguste ravagent les environs ; Hellemmes n’est qu’à huit kilomètres. Jeanne de Flandre doit accepter les conditions très dures mposées au traité de Melun (1226).
Marguerite de Flandre succède à Jeanne en 1244. Ayant épousé successivement Bouchard d’Avesnes, comte de Hainaut, puis Guillaume de Dampierre, une querelle s’élève entre ces deux familles. Philippe le Bel, monté sur le trône de France en 1285, encourage cette rivalité qui atteint la population parmi laquelle règne une forte inégalité sociale essentiellement causée par le développement des villes. Guy de Dampierre fait alliance avec l’Angleterre et renie son hommage au roi de France. De plus, un désaccord s’élève au sujet du traité de succession entre Philippe IV et le comte. Philippe le Bel jette l’interdit sur la Flandre et, en juin 1297, l’armée royale prend Béthune, Orchies (qui ouvre ses portes sans combattre), le 1 septembre, Lille, assiégée pour la cinquième fois, capitule. Villages et monastères sont encore une fois ravagés. La deuxième phase de cette campagne débute en janvier 1300. Charles de Valois prend Damme et Ypres. En mai, le comté entier est aux mains du roi de France qui place la Flandre sous l’autorité de Jacques de Châtillon en vue d’une future intégration au royaume. Le 11 juillet 1302, la bataille dite des Éperons d’or sous la ville de Courtrai est un désastre pour les Français. La Flandre est perdue pour le roi. En août 1304, nouvelle campagne : les Flamands sont écrasés à Mons-en-Pévèle (17 août). Le 20 août, Seclin est incendiée. Philippe de Flandre est assiégé dans Lille. Le traité d’Athis-sur-Orge, en 1305, établit la puissance royale sur la Flandre jusqu’en 1369, où elle passe au frère du roi Charles V, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne qui épouse Marguerite de Mâle, fille du comte de Flandre.
La guerre de Cent Ans
En 1339, le village est le théâtre de combats entre Louis de Nevers et les Anglais. En 1347, c’est Louis de Mâle, également contre les Anglais. Par acte du 7 avril 1370, Louis de Mâle lègue des biens sis à Hellemmes et à Fives à la collégiale Saint-Piat de Seclin et à Saint-Pierre de Lille, se réservant cependant toute justice (haute, basse et moyenne).
En 1382, Charles VI, roi de France, marche sur Ypres. L’armée française, forte de 160 000 hommes cantonnée à Seclin, passe à Lille sans s’y arrêter, pour loger à l’abbaye de Marquette, puis se diriger vers Tournai. C’est la défaite des Flamands à Rozebecque.
Au début du XVI siècle, les Flandres deviennent possession espagnole suite à l’avènement de Charles Quint au trône d’Espagne. Une période très dure de répression contre les protestants commence.
En 1580, les Gueux ou Hurlus qui avaient déjà commencé leur guerre iconoclaste à Armentières (1566) reviennent harceler Lille par le sud. Ils attaquent Lezennes mais, repoussés vers Ronchin, ils incendient Hellemmes dans la nuit du 9 août. L’église et la plupart des fermes sont détruites. Seul le clocher subsiste.
1608 ouvre encore pour Hellemmes une mauvaise période : le comte d’Annappes avait reçu l’ordre de l’archiduc Albert de loger des troupes espagnoles à Lille. Le magistrat ne voulut rien savoir, et la soldadesque fut dispersée dans les campagnes voisines. Hellemmes dut donc héberger des hôtes souvent difficiles. En 1617, les Hellemmois purent voir le passage de Don Balthazar de Comèques allant loger chez Jean de Robles, au château d’Annappes. Louis XIV était à l’apogée de sa puissance. Il convoitait cette Flandre que ses prédécesseurs n’avaient pas pu conquérir.
Depuis la conquête des Flandres par Louis XIV
Plan de Lille et des communes environnantes en 1708. Hellemmes (alors Helemmes) se situe au nord-ouest de Lille.
Le siège de Lille fut décidé en 1667. Le roi avait son état major à Loos, le marquis d’Humières à Hellemmes, Turenne à Fives. Quinze régiments investirent la ville. En 1708, lorsque les alliés purent reprendre Lille, Hellemmes fut emplie par des troupes d’Eugène de Savoie quand ce vainqueur de Boufflers porta la droite de son armée à Fretin et la gauche à Annappes. Enfin, la paix revint grâce au maréchal Villars. En 1775, les environs d’Hellemmes étaient transformés en un vaste camp où le comte d’Artois (Charles X) put venir assister aux grandes manÅ“uvres.
Àpartir du 20 avril 1792, la France entre peu à peu en guerre avec toute l’Europe. A la mi-août, les frontières du Nord et de l’Est sont franchies. En septembre, Tourcoing et Orchies sont occupées. La bataille de Valmy, le 20 septembre, et la résistance de Lille, du 26 septembre au 8 octobre, inversent le cours de la guerre. Sur 64 332 livres d’indemnité pour occupation d’Hellemmes par les Autrichiens sollicitée auprès de l’administration départementale, seulement 16 083 livres sont accordées, sous réserve que la municipalité présente la preuve d’avoir fourni son contingent de gardes nationaux. Cette preuve fut apparemment facile à apporter : après la proclamation de la « Patrie en danger », trente et un Hellemmois étaient partis comme volontaires pour « défendre la République ».
Le patriotisme des habitants n’en est pas moins mis en doute par un membre de la Société populaire de Lille qui dénonce « un retranchement fait par les Hellemmois pour aider les Autrichiens » et demande aux autorités militaires de le détruire. L’accusation entraîne de facto une inspection. Le rapport du directeur des fortifications de Lille note que, en fait, ce retranchement renforce la défense de Lille mais aurait dû être construit avec plus d’art en s’appuyant sur le village ; sa longueur de trente-cinq toises, insuffisante si l’on considère ce qu’il aurait fallu faire pour contourner la place de Lille, apporte une certaine utilité. En septembre 1792, Lille est bombardée. L’archiduchesse Marie Christine, sÅ“ur de Marie Antoinette et épouse de Albert de Saxe-Teschen vient à Hellemmes « pour jouir en personne des horreurs commandée par l’Empereur ». D’après l’écrivain Buchez, « son cÅ“ur sanguinaire a dû être satisfait : le feu a été plus vif en sa présence, et ses satellites ne pouvant encore répondre à son impatiente barbarie, ont tiré quelques volées à boulets froids parce que la charge devenait moins longue. Elle voulut voir l’effet effroyable des bombes du poids de 500 livres : deux mortiers ont éclaté et ont mis en pièces trente six hommes qui entouraient la batterie infernale ».
Le 22 février 1814, le prussien Theilmann voit sa marche sur Paris retardée en raison d’accrochages à Menin et à Hellemmes. 1815 marque le retour de la monarchie. Le durcissement du régime avec le ministère Polignac oblige Charles X à s’enfuir. Louis Philippe devient roi (après avoir été lieutenant général du royaume).
La guerre de 1870 a aussi ses victimes : Émile Dumoulin, sergent, ainsi que les soldats Charles Delobel et François Dumez.
Première Guerre mondiale
Copie du brouillon de la convocation de la classe 1914 Ã Hellemmes-Lille
Dès le début de l’occupation, des mesures très sévères, ne répondant pas aux lois de la guerre, furent prises. À Lezennes, Wambrechies, Marcq-en-BarÅ“ul, Hellemmes, trois cents femmes et jeunes filles qui avaient refusé de travailler furent frappées, cravachées, tenues enfermées plusieurs jours sans manger dans des locaux dépourvus de tout moyen de s’asseoir et de se reposer.
Le commandant de la place Schrank écrivait à la municipalité de Halluin : « Les mesures introduites ne sont qu’un commencement, et chaque jour, il y aura des mesures plus sévères, jusqu’à ce que notre but soit atteint, il n’y a qu’une seule volonté, et c’est la volonté de l’autorité militaire allemande. »
En janvier 1915, la ville est frappée d’une amende de 350 000 francs sous prétexte que lors de combats le 4 octobre des civils auraient fait feu sur les troupes allemandes. Les enquêtes effectuées à l’époque n’ont pas prouvé la véracité des faits avancés. En mars 1916, un Russe interné à Hellemmes par les Allemands fut si violemment frappé à la poitrine à coups de crosse et de canon de fusil qu’il en fut tué sur le champ. Les habitants se cotisèrent pour lui élever un monument portant l’inscription suivante : « À M. Thimothée Saccharof, soldat au 149 régiment d’infanterie russe, décédé à Hellemmes le 13 mars 1916, à l’âge de 38 ans. » Le 12 août de la même année, une colonne de jeunes travailleurs dont une dizaine d’Hellemmois est anéantie à Wavrin lors d’une attaque aérienne. En fin d’année, vingt Hellemmois font quatorze jours de prison pour avoir refusé de travailler pour l’ennemi. Joseph Hentges proteste ; le 17 novembre, il est condamné à cinq jours de prison. Oscar Fanyau, ancien maire, est également incarcéré à la citadelle où il meurt le 28 avril de l’année suivante. Le 20 novembre 1917, Joseph Hentges est une nouvelle fois emprisonné pour refus d’obéissance : il avait protesté contre l’incorporation forcée de jeunes dans les bataillons civils d’occupation occupés à travailler à proximité d’un pont entre Armentières et Carvin. Rappelons que, le 1 mars, les Allemands ont enlevé les cloches de l’église Saint-Denis. Le 11 novembre 1918, l’Armistice est signé.
Victimes du bombardement du 12 août 1918 à Wavrin
Eugénie Branswyck, 18 ans
Deronde, 19 ans
Rose, 17 ans
Henri Doige, 19 ans
Henri Delos
Louis Dewiere, 18 ans
Maurice Honoré, 17 ans
Théophile Doyen, 17 ans
Arthur Couvet, 18 ans
Houze,
Tous dits pudiquement « accidentellement décédés ».
Victimes du 12 avril 1918
Berthe Lampaert, 16 ans
Henriette Virleux née Decottignies, 57 ans
Jules Dewas, 21 ans
Charles Dewas, 17 ans
Pierre Hellebaut, 47 ans
Jean-Baptiste Lautem, 54 ans
Alice Domis, 12 ans
Germaine Taillieu, 13 ans
Louis-Joseph Lemort, 59 ans
Marie-Louise Petyt née Vandaele, 25 ans.
Pendant ce conflit, les maires de France ont tout fait pour limiter les exigences de l’occupant et pour adoucir (si l’on peut employer ce mot) les conditions de vie de leurs administrés, parfois à leur propre détriment. Il est à noter qu’aucun maire n’a fait l’objet de procès pour entente avec l’ennemi.
Deux militaires britanniques ont été inhumés à Hellemmes :
le lieutenant Albert Hazell, mort le 10 juillet 1918 (matricule 21017)
le pilote Harry Mechem, prisonnier de guerre, mort le 28 mai 1918.
Tous deux ont été exhumés et réinhumés dans le cimetière britannique de Brebières (Pas-de-Calais) le 14 août 1935 dans la rangée BB, respectivement dans les tombes 2 et 1.
Seconde Guerre mondiale
La Seconde Guerre mondiale éclate en 1939. Dès 1940, Hellemmes souffre de l’occupation, bien sûr, mais également des bombardements. Les 10 et 11 mai 1941, vers 15 h 50, une escadrille survole Lille, Hellemmes et Ronchin : quinze bombes tombent sur Hellemmes ; à 23 h 30, nouvelle alerte : le bombardement, par vagues successives, durera cinquante minutes. Deux mille trois cents bombes de cinq cents et mille kilogrammes, bombes incendiaires, torpilles tombent. On dénombrera cent quatre-vingt-quatre morts à Lille, Faches-Thumesnil et Marcq-en-BarÅ“ul, trente-quatre à Hellemmes. Les corps des Hellemmois seront déposés dans l’usine Yon, rue Faidherbe. Pour Hellemmes, on comptera six cents bombes ayant détruit ou endommagé mille deux cents maisons.
Dès l’appel du général de Gaulle, la Résistance s’organise. Beaucoup de nos compatriotes sont arrêtés, déportés, asservis. Le 30 mai 1940 à 21 h 30, c’est le premier bombardement allié visant l’usine de Fives et le mont de Terre.
Le 27 juin 1941, le 5 juillet, même objectif (vingt-huit bombes). Le 6 juillet à 14 h 25, même objectif (trente bombes). Le 24 février 1942, dix-sept prisonnier sont transférés de Lille à Huy (Belgique), dont Joseph Hentges, fusillé le 14 avril 1942 au fort du Vert-Galant à Marquette. Il est provisoirement inhumé au terrain d’aviation de cette commune près de la ferme Dillies. Les 9 octobre 1942, nouveau bombardement.
Le 11 septembre 1942, une rafle de juifs est effectuée dans les villes du Nord et du Pas-de-Calais. Les prisonniers faits à Lille et dans sa banlieue sont acheminés sur une voie de garage à Hellemmes. Le convoi X doit partir sur Malines (Belgique) puis Auschwitz où il arrive le 17 septembre. Des cinq cent vingt victimes du Nord, seuls huit hommes revinrent. Mais revenons au train alors qu’il est encore à Hellemmes. Les cheminots présents, prenant tous les risques, poussent qui un homme, qui un enfant, qui une femme, proposent des pelles, des seaux, des balais (afin qu’ils fassent semblant d’être des travailleurs occupés). Mais il fallait trouver des complicités en ville. Le pasteur Nick eut une extraordinaire influence sur la population du quartier essentiellement protestante. Ceux qui purent s’évader furent dispersés dans tout le département. En même temps, l’abbé Stahl sauve quarante enfants qu’il place dans divers établissements religieux. En dépit de la rareté de ce type de résistance, ce fait reste très peu connu. Il est vrai que les noms des généreux sauveteurs ne furent pas divulgués à des gens traqués.
8 novembre 1942 à 12 h 10, attaque aérienne de l’usine de Fives et de ses environs (cent soixante-six bombes). Le 6 décembre, même objectif (cent soixante-quinze bombes sur les ateliers et les voies ferrées, vingt-six bombes sur la centrale électrique). Le 13 janvier 1943 à 14 h 25, la compagnie de Fives Lille est encore visée (le dépôt) ; deux cent soixante et une bombes tombent depuis l’entreprise jusque la rue Raspail. Six cheminots d’Hellemmes seront condamnés à mort (et exécutés dans le fort de Seclin le 7 juin 1944) par l’occupant pour avoir participé au sabotage d’une voie ferrée, lequel aurait donné lieu au massacre d’Ascq dans la nuit du 1 avril 1944. Le 10 mai 1944, nouvelle attaque (vingt-cinq bombes) et à 23 h 30 (mille six cents bombes). Un certain nombre d’avions tombe de ci, de là , les corps de vingt-cinq aviateurs alliés sont retrouvés sur le toit de maisons ; de nombreux immeubles sont détruits, dont la maison du docteur Decousser où de nombreux civils s’étaient réfugiés. Le 22 juin à 19 heures, encore un bombardement qui achève la destruction du dépôt de la gare de Fives et le quartier du mont de Terre. On dénombrera cent trente-cinq morts.
Au cours de ce conflit, deux cent quatre-vingt-deux maisons seront détruites sur Hellemmes en raison des bombardements. Le débarquement a lieu Le 6 juin 1944.
La Libération du Nord-Pas-de-Calais est due aux manœuvres suivantes :
le deuxième corps d’armée canadien, après avoir franchi la Somme à Pont-Rémy pousse vers Hesdin, alors que la troisième division d’infanterie suit la côte. Le 4 septembre, le neuvième brigade de la troisième division remonte vers Montreuil-sur-Mer et Boulogne-sur-Mer.
la deuxième armée britannique, divisée en deux colonnes, se sépare en deux à Saint-Pol-sur-Ternoise : la première partie se dirige sur Saint-Omer, la seconde vers Béthune, Tourcoing. La seconde colonne passe à Arras, Douai, Villeneuve-d’Ascq.
la première armée américaine, après être passée près de Saint-Quentin, se divise en trois : la première colonne se dirige vers Cambrai et Valenciennes, la seconde vers Caudry et Le Quesnoy, la troisième vers Maubeuge.
Les armées britanniques et américaines continuent leur progression en Belgique. Lille et Hellemmes sont libérées le 4 septembre (alors que le journal La Voix du Nord de l’époque donne la date du 2 septembre).
Dans les archives municipales sont dénombrées six victimes d’un dernier bombardement, mais rien n’indique que celui-ci ait eu lieu sur notre ville.
Hellemmes a été sinistrée à près de 55 %. Deux cent quatre-vingt-deux maisons ont été totalement détruites, deux mille quatre-vingt-quinze immeubles endommagés. Deux cents personnes ont été tuées, plusieurs centaines blessées.
Les quartiers de la Barrière et du Centre ont été plus spécialement touchés (lorsque les Américains commençaient à bombarder sur Fives, les bombes tombaient jusqu’au cimetière) ; les rues étaient devenues impraticables, sans eau, ni gaz, ni électricité.
Les écoles étaient démolies mais purent être rendues à leur usage dès le 1 octobre 1945. Au 31 décembre 1945, deux cents maisons avaient été réparées.
Le groupe de la Barrière qui, début 1945, ne comptait plus aucun habitant, a rattrapé en fin de la même année plus de trois mille âmes.
Victimes des bombardements (tués)
| Femmes | Hommes | Enfants | Disparus | Total | |
|---|---|---|---|---|---|
| 30-05-1940 | 1 | - | - | - | 1 |
| 06-07-1941 | 2 | 1 | - | - | 3 |
| 09-10-1942 | 14 | 12 | 1 | - | 27 |
| 08-11-1942 | 34 | - | 23 | 19 | 76 |
| 13-01-1943 | 11 | - | 15 | 5 | 31 |
| 10-05-1944 | 14 | - | 9 | 9 dont 2 | 32 |
| 22-06-1944 | - | 4 | - | - | 4 |
| 16-09-1944 | 4 | 1 | - | - | 5 |
| 80 | 65 | 34 | 2 | 179 |
Blessés : ca 274
Par décret n° 48-1434 du 16 septembre 1948, Hellemmes est citée à l’ordre de l’Armée avec la mention « Ville de 14 140 habitants, sur le territoire de laquelle sont installées d’importantes usines métallurgiques et textiles, a été durement éprouvée par de nombreux bombardements de l’aviation alliée. En dépit de ses souffrances, la population Hellemmoise n’a jamais perdu sa foi en la France et a pris une part importante à la lutte pour la Libération du territoire national. » Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec Palme.
Le déclin des entreprises est évident :
| Personnel en 1939 | Personnel en 1946 | |
|---|---|---|
| Cotonnière d’Hellemmes | 960 | 75 |
| Retorderie d’Hellemmes | 465 | 200 |
| Filature Crespel | 500 | 50 |
| Tissage d’Hellemmes | 125 | 60 |
| Tissage Delesalle | 100 | 60 |
| Busetterie d’Hellemmes | 50 | 30 |
| Meubles Lehouck | 65 | 50 |
| Fabrique de déchets Lecompte | 10 | 10 |
| Meubles Annebicque | 15 | 15 |
| Ateliers SNCF | 2500 | 2500 |
| Brasserie Semeuse | 50 | 50 |
| Mécanique Capon | 50 | 75 |
Des nombreuses victimes de ce conflit, citons (martyrs hellemmois cités dans le numéro spécial de La Voix du Nord de mai 2005) :
| Nom et prénom | Date de naissance | Camp | Devenir |
|---|---|---|---|
| ALLOY Lionel | 04-08-1905 | Gross Rosen | Rentré en 1945 |
| BAENE Clément | 26-11-1920 | Sachsenhausen | Rentré en 1945 |
| BAESEN Georges | 20-12-1910 | Mauthausen | Rentré en 1945 |
| BLEL Alphonse | 06-11-1903 | Flossenbürg | Rentré en 1945 |
| BODA Jean | 07-01-1923 | Kochendorf | Décédé |
| CARNIAUX Maurice | 03-07-1896 | Gross Rosen | Décédé |
| PONT Paulette née BAERT | 15-03-1915 | Ravensbrück | Rentrée en 1945 |
| DELCROIX Roger | 03-08-1913 | Siegburg | Rentré en 1945 |
| DELMAS Pierre | 16-04-1882 | Dachau | Décédé |
| DESABLENS Raymond | 29-12-1897 | Gross Rosen | Décédé |
| DESCAMPS René | 08-02-1906 | Gross Rosen | Décédé |
| DUJARDIN Maximilien | 15-04-1918 | Dora | Décédé |
| DUPONT Victor | 04-12-1901 | Büchenwald | Rentré en 1945 |
| GILLE Lucien | 18-12-1920 | Naordhausen | Rentré en 1945 |
| GUILLEMANT René | 11-03-1901 | Bochum | Rentré en 1945 |
| GUILLEMANT Adrienne née COMBLE | 11-12-1902 | Waldheim | Rentrée en 1945 |
| HERBAUX Yvon | 31-12-1923 | Büchenwald | Rentré en 1945 |
| LEPRETRE Désirée née BOULANGER | 06-06-1890 | Aichach | Rentrée en 1945 |
| LERICHE Alfred | 23-04-1887 | Sachsenhausen | Décédé |
| LESECQ Jules | 15-03-1910 | Büchenwald | Décédé |
| MAYEUX Michel | 02-07-1905 | Dachau | Rentré en 1945 |
| THIEBAUT Marceau | 13-02-1902 | Huy | Libéré * |
| VAN DAELE Nestor | 25-02-1899 | Hagen | Sort inconnu |
| VANNESTE Germaine née AMMELOOT | 12-08-1901 | Waldheim | Rentrée en 1945 |
| VINCENT Lucien | 12-08-1906 | Neuengamme | Décédé |
| VINCENT René | 21-07-1893 | Gross Rosen | Décédé |
| VINCKIER Arthur | 21-11-1920 | Dachau | Décédé |
| WATERLOT Léon | 01-06-1920 | Dora | Décédé |
*Libéré à la fin de sa peine ou par suite d’une mesure exceptionnelle
Fusillés
| Nom et prénom | Date de naissance | Date du décès | Lieu du décès |
|---|---|---|---|
| BETHANCOURT Gilbert | 31-12-1907 | 08-02-1943 | Mont Valérien |
| DECUGIS Yves | 20-07-1914 | 08-02-1943 | Mont Valérien |
| HENTGES Joseph | 17-07-1875 | 14-04-1942 | Verlinghem, Fort du Vert Galant |
| LOMBART Maurice | 02-05-1907 | 08-02-1943 | Mont Valérien |
| PLOYART Henri | 16-02-1894 | 15-09-1941 | Lille, citadelle |
Certains de ces martyrs sont cités dans la liste ci-dessus.
Jules Beulques. Né le 7 mars 1903 à Lille. Arrêté le 13 août 1943 en son domicile, enfermé à Loos jusqu’au 21 juin 1944. Mort à Liesburg le 15 mars 1945. Nommé sous-lieutenant par décision de la commission d’homologation réunie le 11 juillet 1945.
Jean Marie Boda. Né le 7 janvier 1923 à Hellemmes. Arrêté le 22 juin 1944, enfermé à Loos. Déporté sans jugement pour activités anti-allemandes à Horanienbourg, Kochendorf puis Hemisronn. Refoulé vers Dachau lors de l’avance alliée. Mort le 1 avril 1945.
Maurice Carniaux. Directeur d’école, arrêté le 1 octobre 1943. Il organisait des cadres de groupes de résistance et de nombreuses réunions clandestines. Arrêté par la Gestapo, il est mort le 24 novembre 1944 à Groos-Rosen (Haute Silésie).
Georges Debarge. Né le 16 mars 1897 à Lille. Arrêté comme résistant. Mort à Loos en raison de mauvais traitement le 25 octobre 1943.
Pierre Delmas. Voir origine de la rue qui porte son nom.
Raymond Desablens. Né le 29 décembre 1897 à Hellemmes, employé à la compagnie de Fives. Arrêté le 2 novembre 1942 et enfermé à Loos jusqu’au 27 janvier 1944. Interné à Sterwegen, Groos Strelitz puis Groos Rosen. Présumé mort.
René Descamps. Né le 8 février 1906 à Lille. Ajusteur SNCF. Arrêté le 2 novembre 1943 comme appartenant au mouvement Voix du Nord. Interné à Groos Rosen du 27 janvier 1944 à sa mort le 22 novembre 1944.
Eugène Dubruille. Né le 12 novembre 1913 à Hellemmes. Riveur. Arrêté le 8 mars 1943 comme FTPF. Fusillé le 1 juin 1943 au Mans où il travaillait momentanément, bien qu’Hellemmois.
Paul Dombrowski. Voir origine de la rue qui porte son nom.
Joseph Hentges. Ancien maire d’Hellemmes ; une rue porte son nom.
Georges Smets. Militant du syndicat libre aux Ateliers SNCF, adhère en 1932 à la CGTU et au Parti communiste. Secrétaire des Amis de l’URSS. Arrêté le 18 septembre 1943 rue du Moulin à Roubaix. Quelques jours plus tard, sa famille recevait la nouvelle de sa mort. Rapatrié le 9 mai 1945.
Arthur Winckier. Né le 21 novembre 1920 à Lille. Burineur. Déporté en Allemagne pour le STO le 8 décembre 1942, interné à Dachau. Mort le 25 janvier 1944 à Haustetten.
Militaires étrangers inhumés à Hellemmes
Vingt-cinq aviateurs, presque tous Australiens, abattus sur Hellemmes sont enterrés dans le cimetière sur deux rangées de douze tombes numérotées, au bout de l’allée des militaires de 1914-1918. Le pasteur Nick donne l’absoute. La cérémonie fut organisée par MM. Dandois, Brulin, Blervaque (adjoint au maire), Marchand (conseiller municipal).
Richard William Ash
Arthur Bennett
George Bennett
Hubert Edwin Botting
Raymond Herbert Boulton
John Henry Brown
Hugh Donald Campbell
Ivan Chapple
B.F. Cody, corps transféré à Annappes
Harry Ronald Crout
Sidney Albert Edwards
Herbert William Reid Fergusson
Erlliot Fullerton
Harold Grant
Brian Gordon Grasby
William Stanley Hancock
George John Hill
Douglas Hislop
Bertram Stephen Longhust
Walter Thomas Peters
Léonard Edgard Pringle
Dennis Harvey Ryder
W.A. Slade
John Francis Tucker
Kevin Campbell Waight
Citons également Roland Mesner, inhumé avec les Britanniques mais qui était Français (faisait-il partie des Forces françaises libres, ou la personne inhumée usait-elle d’un pseudonyme ?).
Il y a aussi deux soldats allemands inconnus inhumés.